Par la rédaction Solydari · Publié le 2 juillet 2026 · Mis à jour le 16 octobre 2026 · Sources officielles consultées le 16 octobre 2026
Un consultant indépendant trouve des missions sans plateforme par des canaux directs : les prescripteurs qui conseillent déjà ses futurs clients (expert-comptable, avocat, banquier), un réseau professionnel où l’on se recommande, ses anciens clients, et les acheteurs publics, qui peuvent depuis le 1er avril 2026 commander un service de moins de 60 000 € HT sans publicité ni mise en concurrence.
Le premier client d’un consultant qui s’installe est souvent connu d’avance : son ancien employeur, qui lui propose de continuer en indépendant. Cette mission démarre vite et rassure la trésorerie. Elle oblige aussi à vérifier, avant de signer, la clause de non-concurrence du contrat de travail et le risque de requalification en salariat, que le code du travail encadre précisément.
Prescripteurs
Quels professionnels envoient des missions à un consultant indépendant ?
Les missions de conseil viennent d’abord des professionnels qui voient le besoin de vos clients avant vous : l’expert-comptable qui lit les comptes, l’avocat qui prépare une opération, le banquier qui finance un projet, le dirigeant d’une entreprise voisine qui a résolu le même problème. Identifier ces prescripteurs selon votre spécialité est le premier travail commercial d’un consultant.
| Votre spécialité | Qui croise vos clients avant vous | Ce qu’il entend juste avant d’avoir besoin de vous |
|---|---|---|
| Finance, gestion, trésorerie | Expert-comptable, banquier, courtier en financement | « Nos marges baissent », « on prépare une levée ou un prêt » |
| Ressources humaines, management | Expert-comptable, avocat en droit social, coach de dirigeants | « On recrute pour la première fois », « l’équipe a doublé en un an » |
| Informatique, transformation numérique | Agence web, éditeur de logiciel, prestataire de facturation | « Il faut changer d’outil de facturation », « nos données sont éparpillées » |
| Stratégie, développement commercial | Expert-comptable, banquier, autres consultants | « Le chiffre stagne », « on veut ouvrir un deuxième site » |
| Qualité, sécurité, réglementation | Assureur, organisme de contrôle, avocat | « On a eu un contrôle », « un client exige une certification » |
Un prescripteur recommande quelqu’un dont il comprend le métier et dont il a vu le sérieux. Une rencontre ne suffit pas : il faut lui donner la phrase qu’il pourra répéter à son client, et lui renvoyer des affaires à votre tour quand l’occasion se présente. La façon de formuler cette demande est détaillée dans notre méthode pour demander une recommandation.
Premier client
Peut-on avoir son ancien employeur comme premier client ?
Oui, travailler pour son ancien employeur en indépendant est possible si la clause de non-concurrence éventuelle de votre contrat de travail le permet et si la mission s’exerce sans lien de subordination : un indépendant qui reçoit des ordres, dont le travail est contrôlé et qui peut être sanctionné reste, aux yeux du droit, un salarié.
L’article L8221-6 du code du travail présume qu’une personne immatriculée n’est pas liée à son donneur d’ordre par un contrat de travail. Cette présomption tombe quand les prestations la placent « dans un lien de subordination juridique permanente » à l’égard du client. La fiche du ministère du Travail sur le contrat de travail rappelle la définition posée par la Cour de cassation en 1996 : la subordination, c’est l’exécution d’un travail sous l’autorité d’un employeur qui a le pouvoir de donner des ordres, d’en contrôler l’exécution et de sanctionner les manquements. La même fiche précise que l’indépendance technique n’exclut pas la subordination, notamment pour une personne intégrée dans un service organisé.
- Un contrat de prestation qui décrit un résultat ou un livrable, plutôt qu’un poste et des horaires.
- Vos propres outils, votre propre organisation du temps, et la liberté d’accepter d’autres clients.
- Des factures émises par votre entreprise, à votre tarif, plutôt qu’un montant mensuel fixe calqué sur l’ancien salaire.
- D’autres clients dès que possible, pour que l’ancien employeur ne reste pas votre seul donneur d’ordre.
La clause de non-concurrence se lit avant la démission. Selon la fiche de Service-Public consacrée à cette clause, la jurisprudence ne la valide que si elle est écrite, protège un intérêt légitime de l’entreprise, est limitée dans le temps et dans l’espace, vise une activité précise et comporte une contrepartie financière. Une clause valable peut vous interdire certains clients pendant sa durée, y compris ceux que vous serviez dans votre poste.
Commande publique
Un consultant peut-il décrocher une mission publique sans appel d’offres ?
Oui. Depuis le 1er avril 2026, un acheteur public peut passer un marché de services de moins de 60 000 € HT sans publicité ni mise en concurrence, selon le code de la commande publique modifié par le décret n° 2025-1386 du 29 décembre 2025. Le conseil entre dans ces marchés de services, au même titre que l’expertise comptable ou un projet informatique.
La fiche de Service-Public sur les marchés de services, vérifiée le 21 août 2026, cite parmi les services immatériels le « conseil juridique, expertise comptable, projet informatique ». Sous ce seuil, aucun avis n’est publié et l’acheteur peut s’adresser directement au prestataire de son choix. La mission se gagne donc comme une mission privée : en étant connu du service qui a le besoin, avant que le besoin ne soit formulé.
Une commune, une communauté de communes, un établissement de santé ou une chambre consulaire achètent régulièrement des études, des accompagnements et des formations. Le détail des seuils et la façon de se faire connaître des acheteurs figurent dans notre guide des marchés publics accessibles aux TPE.
Statut
Micro-entreprise ou portage salarial : quelles règles en 2026 ?
En micro-entreprise, un consultant reste au régime micro tant que son chiffre d’affaires ne dépasse pas 83 600 € HT, et il paie 25,6 % de cotisations sociales sur son chiffre d’affaires s’il exerce une activité libérale non réglementée. En portage salarial, il devient salarié d’une entreprise de portage, avec un salaire minimum garanti fixé en pourcentage du plafond de la Sécurité sociale.
| Règle en vigueur en 2026 | Micro-entreprise (activité libérale) | Portage salarial |
|---|---|---|
| Statut du consultant | Entrepreneur individuel | Salarié de l’entreprise de portage |
| Plafond ou limite | 83 600 € HT de chiffre d’affaires pour rester au régime micro | 36 mois au plus pour une même prestation chez un client |
| Prélèvements | 25,6 % du chiffre d’affaires (libéral non réglementé) ; 23,2 % pour une profession relevant de la Cipav | Cotisations salariales et patronales, plus les frais de gestion de l’entreprise de portage |
| Rémunération plancher | Aucune | 70 %, 75 % ou 85 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale (4 005 € en 2026) selon le statut, d’après la convention de branche |
| Clients possibles | Entreprises et particuliers | Entreprises ; services à la personne interdits |
Sources : Service-Public (fiches F23267, F36232 et F31620), code du travail (article L1254-4), Urssaf (plafonds 2026), consultés le 16 octobre 2026.
Les taux de cotisations de la micro-entreprise figurent sur la fiche de Service-Public sur les cotisations du micro-entrepreneur, vérifiée le 1er janvier 2026 ; avec le versement libératoire de l’impôt, ils passent à 27,8 % et 25,4 %. Le plafond de 4 005 € par mois est publié par l’Urssaf dans le barème des plafonds de la Sécurité sociale. En portage, l’article L1254-4 du code du travail limite la prestation chez un même client à trente-six mois, et le client ne peut y recourir que pour une tâche occasionnelle ou une expertise dont il ne dispose pas.
Le portage sécurise le statut, au prix des frais de gestion et des cotisations salariales. La micro-entreprise garde davantage du chiffre d’affaires tant que les frais professionnels restent faibles, puisqu’elle ne permet pas de les déduire. Le choix dépend de votre besoin de protection sociale, de vos frais réels et du nombre de clients que vous visez.

Tarif
Quel tarif journalier fixer pour sa première mission ?
Le tarif journalier plancher se calcule à partir du revenu que vous visez. Ajoutez à ce revenu vos frais professionnels, divisez par la part du chiffre d’affaires qui vous reste après cotisations, puis par le nombre de jours que vous facturerez réellement dans l’année. En dessous du résultat, chaque mission vous appauvrit.
Exemple de calcul, avec des hypothèses à remplacer par les vôtres : un revenu visé de 36 000 € par an avant impôt, 4 000 € de frais professionnels, une micro-entreprise libérale à 25,6 % de cotisations et 120 jours facturés. Le chiffre d’affaires nécessaire est de (36 000 + 4 000) ÷ (1 − 0,256), soit environ 53 760 €. Divisé par 120 jours, il donne un tarif plancher d’environ 448 € HT par jour ; avec 150 jours facturés, il descend à environ 358 €.

Le nombre de jours facturés pèse plus que tout le reste dans ce calcul. Les journées de prospection, de formation, de gestion et les creux entre deux missions ne se facturent pas, et un consultant qui démarre ne remplit pas son agenda dès le premier mois. Partez d’une hypothèse prudente, et relevez votre tarif une fois la demande installée ; notre guide pour augmenter ses tarifs sans perdre ses clients donne la méthode.
Réseau
Comment un réseau d’affaires apporte-t-il des missions de conseil ?
Un réseau d’affaires réunit à intervalles fixes des dirigeants de métiers différents qui se transmettent des clients. Pour un consultant, il remplace des dizaines de rendez-vous de prospection par une présentation régulière devant des professionnels qui, eux, rencontrent chaque semaine des entreprises ayant besoin de conseil.
Selon Solydari, 3 280 recommandations entre membres avaient été validées par les entreprises qui les ont reçues, relevé le 16 octobre 2026 sur le compteur public du réseau. Ce compteur ne retient que les recommandations saisies par les membres ; au moins une sur trois ne l’est jamais, si bien que l’activité réelle dépasse ce chiffre. Dans un pôle Solydari, une seule entreprise par métier est admise : le consultant y est le seul de sa spécialité à recevoir les demandes de conseil du groupe.
Un consultant a l’avantage des métiers à forte marge : une mission couvre souvent la cotisation de l’année. Le calcul complet, avec la valeur du temps passé en réunion, est détaillé dans notre analyse de la rentabilité d’un réseau d’affaires.
Un prescripteur recommande quelqu’un dont il comprend le métier et dont il a vu le sérieux.
Paiement
Comment sécuriser le paiement d’une mission de conseil ?
Entre professionnels, une facture se paie en principe dans les 30 jours suivant la prestation ; un délai plus long peut être convenu, dans la limite de 60 jours à compter de la facture ou de 45 jours fin de mois. Tout retard ouvre droit à des pénalités et à une indemnité forfaitaire de 40 € par facture, à mentionner dans vos conditions et sur vos factures.
Ces règles figurent sur la fiche de Service-Public sur les délais de paiement entre professionnels, vérifiée le 7 août 2026. Pour une mission longue, prévoyez un acompte à la commande et une facturation par étape plutôt qu’une facture unique en fin de mission. Si le client ne paie pas malgré tout, les recours sont décrits dans notre guide sur le client qui ne paie pas.
La facturation électronique arrive pour tous les consultants. Selon l’actualité de Service-Public mise à jour le 27 février 2026, toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026, et les PME et micro-entreprises devront les émettre à partir du 1er septembre 2027.
Urgence
Que faire si le carnet de missions est vide le mois prochain ?
Quand le carnet se vide, les canaux les plus rapides sont ceux où vous êtes déjà connu : anciens clients, anciens collègues partis dans d’autres entreprises, prescripteurs avec qui vous avez déjà travaillé. Une prise de contact personnelle, qui rappelle un travail précis et propose une suite concrète, produit des réponses plus vite qu’une prospection à froid.
- Listez les clients des deux dernières années et ce que vous avez fait pour chacun, puis appelez ceux dont le projet a pu évoluer.
- Écrivez aux prescripteurs qui vous connaissent, avec un exemple de mission récente et le type de client que vous cherchez.
- Proposez à un ancien client une mission courte et datée, plus facile à décider qu’un accompagnement long.
- Inscrivez dans votre agenda les actions lentes, réseau et contenu, pour ne plus dépendre d’une seule mission.
La trame d’un message qui relance un ancien client sans paraître insistant est détaillée dans notre méthode pour relancer un ancien client.
Questions
Questions fréquentes sur la recherche de missions de consultant
Comment trouver des missions de conseil sans plateforme ?
Par des canaux directs : les prescripteurs qui voient le besoin de vos clients avant vous (expert-comptable, avocat, banquier), un réseau professionnel où l’on se recommande, vos anciens clients et les acheteurs publics. Chacun demande une présentation claire de votre spécialité et du type de client que vous cherchez.
Peut-on travailler pour son ancien employeur en freelance ?
Oui, si votre clause de non-concurrence le permet et si la mission s’exerce sans lien de subordination. Un indépendant qui reçoit des ordres, dont le travail est contrôlé et qui peut être sanctionné risque une requalification en contrat de travail, selon l’article L8221-6 du code du travail.
Un consultant peut-il obtenir un marché public sans appel d’offres ?
Oui. Depuis le 1er avril 2026, un acheteur public peut commander un service de moins de 60 000 € HT sans publicité ni mise en concurrence. Le conseil fait partie des marchés de services ; la mission se gagne en étant connu du service acheteur.
Quel est le plafond de la micro-entreprise pour un consultant en 2026 ?
Pour une activité libérale, le régime micro s’applique si le chiffre d’affaires HT de l’année précédente ou de l’avant-dernière année n’a pas dépassé 83 600 €, selon Service-Public. Les cotisations sociales sont de 25,6 % du chiffre d’affaires en activité libérale non réglementée.
Quelle est la durée maximale d’une mission en portage salarial ?
Une même prestation chez un client ne peut pas dépasser trente-six mois, selon l’article L1254-4 du code du travail. Le client ne peut recourir au portage que pour une tâche occasionnelle ou une expertise dont il ne dispose pas.
Quel salaire minimum en portage salarial ?
La convention de branche fixe le salaire garanti à 70 %, 75 % ou 85 % du plafond mensuel de la Sécurité sociale selon le statut du salarié porté ; ce plafond est de 4 005 € par mois en 2026. À défaut d’accord de branche, la loi retient 75 % de ce plafond.
Comment calculer son tarif journalier de consultant ?
Ajoutez au revenu visé vos frais professionnels, divisez par la part du chiffre d’affaires qui reste après cotisations, puis par le nombre de jours réellement facturés. Avec 36 000 € visés, 4 000 € de frais, 25,6 % de cotisations et 120 jours, le plancher est d’environ 448 € HT par jour.
Combien de jours un consultant facture-t-il par an ?
Aucun chiffre officiel ne le fixe : cela dépend de votre activité, de votre temps de prospection et de gestion, et des creux entre missions. Posez une hypothèse prudente pour calculer votre tarif plancher, puis mesurez vos jours réels après quelques mois.
Quel délai de paiement pour une facture de conseil ?
En principe 30 jours après la prestation. Un délai convenu peut aller jusqu’à 60 jours à compter de la facture ou 45 jours fin de mois. En cas de retard, s’ajoutent des pénalités et une indemnité forfaitaire de 40 € par facture.
Un réseau d’affaires est-il utile pour un consultant ?
Un réseau d’affaires met un consultant face à des professionnels qui rencontrent chaque semaine des entreprises ayant besoin de conseil. Dans un pôle Solydari, une seule entreprise par métier est admise, et la marge élevée du conseil permet souvent de couvrir la cotisation avec une seule mission.
Un consultant doit-il passer à la facture électronique ?
Oui. Toutes les entreprises doivent pouvoir recevoir des factures électroniques depuis le 1er septembre 2026, et les PME et micro-entreprises devront les émettre à partir du 1er septembre 2027, selon Service-Public.
Sources
D’où viennent les informations de cette page ?
Les règles citées viennent de Service-Public, du code du travail numérique du ministère du Travail et de l’Urssaf, consultés le 16 octobre 2026, avec la date de vérification affichée par chaque fiche. Le calcul de tarif journalier repose sur des hypothèses signalées comme telles. Le nombre de recommandations vient du compteur public de solydari.com, relevé le 16 octobre 2026.
